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Jeudi 13 mars 2008 4 13 /03 /Mars /2008 13:46

Publié dans : chtite pensée

Cela fait déjà un petit temps que je ne me suis pas exprimé dans les pages de ce blog. Et j’en assume l’entière responsabilité. Sans vouloir me justifier, je tiens à dire que je suis pas mal sorti ces derniers jours. Mon cœur glacé réclamait désespérément la chaleur d’un corps, apaisant par la même les engelures de mon âme. J’ai donc cherché le moyen de me décharger de mon trop plein de… solitude. Seulement, il est difficile pour un misanthrope de s’ouvrir aux autres, de s’intéresser à leurs petites vies de frustration, de faire écho à leurs besoins de compassion. Je me rappelle, ce soir là, d’une femme à la chevelure aussi noire que mon moral, traînant, seul, dans le coin d’un bar, cherchant dans la mousse de sa bière le courage nécessaire à l’esquisse d’un sourire envers quelques silhouettes et dans le malt, la force de pouvoir prononcer un, voir, deux maux. Mais quelle aubaine ! Me suis-je dis. Même si je l’insulte elle restera là, à pleurer, à se racornir sans pouvoir m’envoyer promener. Et je pourrai la consoler.

Bien sûr, c’était sans compter sur la contagion. Avez-vous remarqué que les gens tristes sont comme les sidaïques. Ils prennent tout le temps que dure leur convalescence (vie), des cachets dans l’espoir de prolonger leur fardeau. Et si l’on ne se protège pas, ils vous contaminent. Et que croyez-vous qu’il se passa ? Et bien malgré la température des lieux pour m’empêcher d’exprimer mon désir vertical, je suis allé m’asseoir en face d’elle en me disant que c’était dans la poche.

« Ça ne vous dérange pas si je… »

« Si vous voulez. »

Elle me répondit sans me regarder, avec le souci d’économiser les muscles de sa mâchoire. J’avoue que ça m’a excité. De la voir se raccrocher à rien m’a donné encore plus envie de lui tendre une perche (alors qu’il faisait toujours froid). Et sans transition aucune, je lui demandai ce qui ternissait son profil Hellénique, d’où venait son désespoir, que je pouvait (très) certainement lui apporter le secours que mendiait son cœur. « J’ai le sida » lanca-t-elle. Et ce fut plus fort que moi, je la regardai différemment. « Vous ne dites plus rien… vous aussi… ! » Et elle leva les yeux pour savoir qui avait elle poignardé de son sinistre cynisme. A cet instant, je suis obligé d’avouer qu’elle eu un recul effrayé à la vue de moi. « Oh pardon ! » se reprit elle. Pas grave,… l’habitude. « De quoi souffrez vous ? » La compassion des malheureux et la plus dramatique. Je culpabilisai simplement d’être moi. Je ne répondis pas. Je pense que c’est ce qui l’a le plus inquiété, et en même temps, j’ai bien vu qu’elle était rassuré sur son propre cas. « Je vous paye un verre ? ». Je me suis levé, en lui laissant la note de mes consommations, et je suis rentré chez moi.  Je me suis rendu compte que la souffrance des autres est le meilleur remède contre sa propre douleur.

Donc je sui rentré, j’ai brisé mon miroir, je me suis servi un verre en fantasmant sur les relations simples : moi au bord de la fenêtre, une canne à pèche et mon carnet de santé au bout de l’hameçon. Tac, ça mord (pas trop fort quand même), j’assomme ma prise, je me régale et je rejette tout ce qui est inutile. Les états d’âme, l’affect, la patience…Mais voilà, la vérité c’est que je me suis écroulé après avoir fini ma bouteille de blanc de merde sans finir les liaisons dangereuses Et c’est tant mieux ! En générale je fini toujours par m’identifier à Mme de Merteuil plutôt qu’à Valmont. Et il n’y a pas de cachet contre ça.




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Par Romer Caspihaine - Communauté : Humour du jour
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